L'Opus Dei est-elle une secte ?

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La tendance au sectarisme affecte tous les groupes humains. Mais le mal qu'il peut faire dans les sociétés religieuses est encore plus grand du fait qu'il touche les consciences, en s'appuyant sur le manque d'expérience, de maturité ou sur l'idéalisme. Il est normal d'appartenir à un groupe social, que ce soit la famille, le monde des amis, les associations politiques ou celles qu'on choisit. Mais pour les membres de l'Opus, c'est cette organisation qui assume et domine l'ensemble des liens sociaux.


« L'Opus est avant tout une famille et au-dessus de tout ». Aussi bien dans les organisations qui exploitent l'adhésion inconditionnelle des membres que dans toutes les formes induites de domination. La mafia italienne qui se substitue au pouvoir politique est-elle autre chose ?

« Le Père l'a dit, le Père le veut », tel est l'argument fondamental qui justifie toutes les formes d'ordres ou de décisions.

« Le seul droit des membres, c'est d'accomplir son devoir ».

À l'autorité absolue du chef de famille se joint celle des cadres supérieurs de l'armée : « Les militaires, du seul fait de leur état, représentent la moitié de notre vocation ». Ce sont là quelques-unes des maximes d'Escrivà de Balaguer [fondateur de l'Opus Dei, canonisé aujourd'hui par Jean-Paul II, ndlr].

Sous le double modèle de la famille et de l'armée, toutes les décisions, orientations d'opinion, formes de liens entre chefs et subalternes sont autoritaires et unidimensionnelles. (…)

C'est justement sur le plan spirituel que se manifeste le plus clairement la mentalité de secte de l'Opus. Sitôt entré dans l'ordre, le membre ne doit pas se confesser à d'autres prêtres que ceux qui sont agréés. Ce souci de « laver son linge sale en famille » explique cet enfermement de la conscience des membres. Les prêtres de l'ordre utilisent les informations qu' ils reçoivent au confessionnal pour orienter la stratégie de formation des membres. Une manière particulière de concevoir le secret de la confession. Chaque semaine, les membres doivent f'aire un rapport secret au chef de la maison ou du centre dans un acte analogue à la confession auprès d'un prêtre, mais sans avoir l'expérience de ceIui-ci. Ce culte de la confession se manifeste dans la basilique de Torreciudad, en Aragon, lieu d'exaltation de la mémoire du Père, où des dizaines de confessionnaux se présentent comme le but de ce pèlerinage spirituel. Un psychiatre, spécialiste de ce problème, en dénonce les dangers : « entretien du climat de culpabilité, nécessaire aux cultes fondamentalistes, et d'une mauvaise opinion de soi, recours à l'autorité extérieure comme soutien. Cette auto-humiliation personnelle, née de l'augustinisme moral, entraîne à la dépendance, en même temps qu'elle crée un type d'homme sans scrupules moraux puisque tout est réglé par la confession ». …


L'Opus Dei est-elle une secte ? in Espace de Libertés - 217/ Janvier 1994 - pp. 14-15 extraits d'une interview d'Alberto Moncada publiée précédemment dans la revue Golias.

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